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Le Nouveau Manoir

Love, love me do...

24 Février 2010 , Rédigé par ISobel Publié dans #Plumeries



Peut-être que le coeur de la longue élastique
Est alourdi, un peu, par la pensée du vide
Et les bourrasques bleues qui balaient les livides
Peuvent seules panser ses effrois chimériques.
Mais voyons-le ici comme il vit à son tour,
Ce petit palpitant.
Alourdi de prudence, certes.
Mais léger par amour!
Oh oui, il est fluet! déserté par la peur
Qu'un verbe tendre et franc a jetée aux ordures.
Elle, est légère aussi, son visage arrondi
Se dentèle d'un arc pétri de poésies
L'archée de joue en joue.
Elle n'a pas d'empreinte elle vole alentours
Elle observe et respire, s'abandonne et savoure
Un à un ses bonheurs.
Evidente, invisible, épurée par le flanc
Triste seule souvent, mais pas en cet instant:
Seule ici comme l'un qui par l'orbe de l'Autre
Peut entrer en lui-même comme on rentre au bercail.

Elle a le 'seul' heureux: elle est seule à elles deux...

Le roseau proverbial danse avec un zéphyr,
Elle ne diffère pas
Elle ploie et se tord, et sans jamais céder
Ondoie longue et sauvage en sa félicité.
Sa jambe repliée, une harpe, une lyre
Assaillie par les mains d'une nymphe d'Orphée
Danse tel un bateau ancré dans un port fou
Et parfois se détend, et parfois se dérobe,
Et parfois disparaît dans les plis de sa robe
Et rejaillit toujours pour la nymphe aux chants-loups
Qui lui lèche le coeur d'un bel appétit.

La phalange serrée, la paume grande ouverte
Chaque muscle tendu soutenant son voisin
Et des fourmis qui grouillent au fond de sa tête.
Les courbes de ses bras, comme deux arbalètes
Et son poumon profond creusé en tambourin:
Ah que ce chant est beau! Et comme il déraisonne!
Comme il frappe et sautille, se répercute et tonne
Et séduit son éclisse:
Le flanc blanc et creusé de la longue élastique
Dont tout le corps devient instrument de musique
Un instument à vent tendu de nerfs de cordes,
Caverneux, cathédral, comme une percussion.

Il est donc bien probable en dépit des chaconnes
Que son coeur soit parfois un peu triste, un peu lourd,
Redoutant fort le vide apporté par demain
Quand elle sera seule au lit de son canyon.
Le lourd se fait mutisme bavard par les yeux:
En pensées pansements, elle envoie son ardeur
En ces bourrasques bleues qui balaient les livides
Et qui sentent le sel.
Mais ces bourrasques bleues que soupirent ses yeux
Sont légères, légères, comme elle aujourd'hui,
Elle qui, seule à deux, a goûté au bercail
Et se languit déjà d'y retourner un jour.
D'y retourner toujours.

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