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Le Nouveau Manoir

Histoire de Fantômes

4 Janvier 2010 , Rédigé par ISobel Publié dans #Plumeries

Ces temps-ci, je donne dans l'article du pauvre. 'Article' même: quelle pompe!

Peu de sens pour le passant, tout dans l'intériorité, pas d'illustration, de la réflexion mais aucune réflexion (à comprendre: des miroirs mais pas d'intellectualisation). Tant pis, des périodes comme ça, il en faut aussi.

Je vais pourtant m'efforcer de trouver du sens à ce qui a priori n'en a pas vraiment, dans les quelques lignes qui vont suivre et qui, déjà à l'état embryonnaire qui est le sien dans mon esprit, promet d'être un beau fourre-tout. Il va être question de fantômes et de fascination, de peur (encore) et d'instincts. Le sens, si je persiste à vouloir en mettre (ou plutôt en trouver), sera le sens esthétique qui relie toutes ces choses, non pas l'esthétique du verbe, mais l'esthétique pure, qui fait germer dans les esprits comme le mien des petites graines en apparence innocentes, mais porteuses de mauvais présages, de très mauvais présages pour cet équilibre fragile que je tente de conserver.

J'ai parlé tout à l'heure de peurs (Bad Wolf), à l'instant où je rédige ce post, ces peurs-là ne sont plus, pour preuve: je suis toujours ici et saine d'esprit. Leur effet s'est dissipé, d'autres choses sont venues pointer leur petit nez brûlant dans mon magma (qui serait assez distrayant s'il n'était pas si grave, tout de frissons et de sautillements).
Les peurs de cet instant 'I' sont autres, intimement liées à la fascination qu'exerce sur moi un morceau particulier d'existence, en l'occurrence une rencontre. Récente. Et farfelue. Et joyeuse. Puis enfin, par de nombreux aspects, troublante.
La fascination en elle-même est une bonne chose: elle porte ses fabuleux hasards, ses conforts et ses attirances en son sein comme une bonne déesse de la fertilité, elle se manifeste par un enthousiasme tout juvénile, pur et bon, puis elle s'enveloppe de réserve car elle entrevoit son évolution possible et sent qu'il lui faut faire preuve de prudence...
La fascination est une bonne chose oui, car elle émerveille et distrait, mais elle doit être contrôlée par peur d'une mutation en tentation qui ne serait, elle, pas une bonne chose du tout. Succomber au positif pour les mauvaises raisons, c'est tomber avec la garantie de grandes douleurs avant et après l'impact au sol...

Cette fascination est avant tout la propriété exclusive de deux fantômes. Mais elle se détourne, se torsade et finit par prendre sa source ailleurs, et est alors sous cette nouvelle forme mutante combattue par ces fantômes, deux inconscients qui sans le vouloir lui ouvrent une porte déraisonnablement grande, deux fantômes sans lesquels je crois cette branche-ci de la fascination n'aurait pas eu le dixième de sa place.
Le premier fantôme est celui de l'immuable, de la constance, de la confiance, de l'intemporel, incarnés en une personne: il pourrait être être de chair, mais il ne l'est pas parce qu'il est fuyant, parce que la chair en laquelle il est incarné est la chair d'une absente.
Le deuxième fantôme est celui, pour résumer, du bonheur présent et de sa prolongation future espérée, celui de la construction, celui de la famille, incarnés en une autre personne: il pourrait lui aussi être de chair, il l'est parfois, mais son incarnation est intermittente, redoutée autant qu'aimée et il ne peut pas demeurer de chair parce qu'elle contraint à la discipline un esprit pour lequel une telle chose est contre nature.

Ces deux fantômes gonflent de vie un coeur sauvage, et cela seul suffirait à leur rendre leur matière, leur chair, s'ils n'étaient pas si prompts à fuir et à semer le doute et l'effroi dans l'esprit qui accompagne ce coeur, en lui faisant envisager la crainte de l'abandon.

Se comportant de la sorte, ils se garantissent un attachement éternel de la part de celle qu'ils hantent, mais y réveillent malgré elle un instinct de survie idiot. Idiot, mais si fort. Cet instinct qui rappelle au corps et à l'âme leurs besoins de se sentir en sécurité, protégés, aimés et désirés à la proportion de leurs propres facultés. C'est à dire beaucoup. Terriblement beaucoup.

Les fantômes engendrent la peur, qui réveille l'instinct, qui mène à la fascination, qui accroît la peur, l'instinct et le pouvoir des-dits fantômes.
Tous ces facteurs se nourrissent entre eux et grandissent dans un esprit, mon esprit qui, bien que vaste, n'est jamais qu'une boîte aux parois rigides et fragiles. C'est beaucoup de mouvement pour cette petite boîte qui se voudrait lovée au fond d'un manteau ouaté, charnel et temporel, mais qui est dans l'enveloppe la plus fragile qui soit, plus fragile qu'un globe de cristal menacé par une chute d'un sommet de falaise: le corps humain.

Et lorsque ce corps est en plus doué de sens (cette fois-ci les sens qui vont par cinq), et qu'il absorbe au-delà de toute norme toute beauté qui se présente à lui (beauté d'aura ou d'une paire de mains longues et diaboliquement fines), même Pandore serait meilleure gardienne que lui d'une boîte aussi fumante et agitée que son esprit.

Fantômes, réincarnez-vous, vous êtes bien assez de deux comme ça à me hanter...
 
 
 

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