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Le Nouveau Manoir

Carissima mia

15 Janvier 2010 , Rédigé par ISobel Publié dans #Plumeries



Mon sein blanc, opalin, rarement se soulève:

Il est aussi léger qu'un dôme de flocons,

Plus timide qu'un loup, frêle qu'un oisillon,

Et ta main qui le couve ignore son office.

Elle peut le sculpter en montagne fertile

Sur les flancs de laquelle les pommiers bourgeonnent.

Elle le gonfle d'or, et d'air comme personne,

Inonde de magma ses intérieurs fébriles

Et en un geste encore, apaise son tumulte.

Adam fut animé par l'index de Dieu?

Ta paume perpétue l'acte mystérieux

En régnant sur mon sein qui héberge ton culte.

Cette main aux doigts courts, empesée de caresses,

Est son seul rempart contre la dent du temps,

Ma charpente, érigée contre l'isolement.

C'est la main qui me tue mais jamais ne me blesse,

Car quand l'heure a sonné, prompte, elle se retire

La chape des fléaux s'abat sur ma poitrine.

La poudreuse, mordue par sa dent assassine,

Rend au temps meurtrier ses droits et son empire.

 

Le charpentier toqué qui érigea tes doigts

Autour de mon sein blanc,

A omis de parler du toi itinérant

Qui me couve parfois et qui toujours s'en va.

 

Et l'attente à nouveau me martèle sans trêve.

Et je veille, et je pense, et je brûle, et je pleure...

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