Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Nouveau Manoir

petite CerveLle hAbitée d'attendrIssante hypeRactivitE

19 Janvier 2009 , Rédigé par ISobel Publié dans #Curiosités

Chose étrange que le cerveau.

Tout un univers de pensées, se saveurs, de sensations.
Tout un univers de rêves, d'envies et de besoins, une constellation de bonheurs, un camaïeu de peurs, d'angoisses, une infinité de soupirs en attente, à l'heure, ou en retard, d'actions jamais opérées, un tumulte de souvenirs qui s'embrassent et s'entrechoquent. Un réacteur de fusée, une bourrasque, un cyclone, un puzzle qu'on secoue dans sa boîte, la flamme olympique, un orgasme, tout ce qui s'embrase et qui brille, tournoie, jaillit, éclate, explose!

Le cerveau, le siège, le promontoire et le lit de ce que l'on a été, de ce que l'on sera, de ce que l'on est et de chacun des anges, de chacun des monstres que l'on peut devenir, en bref: tombe et berceau de tous les possibles.

Le cerveau, noyau de toutes réalités, nombril de toutes subjectivités.

Ce cerveau dans lequel naissent et meurent toutes les pensées les plus sombres, ce même cerveau baigné dans la lumière aveuglante d'un ciel d'hiver, porté par une brise de printemps, toujours ce même cerveau qui nous renvoie en boucle les plus belles images. Oui: les plus belles! Les autres sont compressées, déplacées dans l'arrière-salle de notre réalité et remplacées par ces belles images qui nous amènent ici, aujourd'hui, ces images qui nous amèneront toujours vers un 'aujourd'hui', parce qu'elles permettent, le jour venu, la fuite, la 'sauvegarde'.

Ce cerveau là, cette machine hyperactive et toute puissante qui contient tout ce qui a été, tout ce qui est et tout ce qui sera, ce petit cerveau bouillonant tient entre deux bêtes mains. Deux ridicules mains, bien impuissantes dans le fond, qui savent à peine saisir les instants qui comptent,  qui ne savent pas appuyer assez rapidement le verbe qui dit 'rien ne pourra être pire que maintenant'. Deux mains qui savent à peine dire en une courte étreinte tout le libellé de la mission dont elles sont investies.

Et pourtant, oui: ces deux mains posées de part et d'autre du crâne, une pour supporter ma tête, une autre posée là par le hasard de l'agitation précédant le sommeil, ces deux mains-là tiennent entièrement le cerveau. N'est-ce pas fabuleux?!

Est-ce donc de là que vient l'expression 'se prendre en mains'?!

Comment s'endormir quand pareille pensée vous traverse la tête?
L'être humain est une bestiole si étonnante! Toute une personnalité, tout un univers qui tient entre deux mains! C'est de la magie, de la magie pure.

Quand  vos bras enserrent quelqu'un, c'est son corps que vous tenez: une simple vérification visuelle le prouve. C'est physique. Mécanique.
Et pourtant, vos bras autour de sa taille envoient un message à son esprit (le petit bidule, au fond de la gélatine du cerveau, qui est plus ou moins allumé selon que vous êtes heureux ou malheureux, reposé ou fatigué. Tout le monde sait ce que c'est). Le message que vos bras envoient vers ce cerveau c'est toujours un "Je suis là", parfois agrémenté de toute une variété choses en fonction de la relation que vous entretenez avec ladite personne. Vos bras, autour de son corps, disent à son cerveau "Je suis là" et son cerveau l'interprète toujours comme un "Je suis là", parfois agrémenté de toute la variété de choses qu'elle attend en fonction de la relation qu'elle entretient avec vous... enfin bref: le message est passé, via des bras, via des corps, d'un cerveau à l'autre.

Mieux encore que tenir dans des mains, le cerveau tient dans le plus petit geste de contact. Tout l'univers intérieur d'un sujet A qui rencontre celui d'un sujet B, en un frôlement et plus fort encore, plus magique: en un contact aussi immatériel que le contact visuel.

Et toute la magie est dans le paradoxe qui suit: ce phénomène se présente avec autant de crédibilité sous deux formes radicalement différentes.
La première, toute de complexité, est faite de synapses, de terminaisons nerveuses, d'hormones, et de mille autres paramètres combinés, le plus souvent physiologiques.
La seconde est la plus simple du monde: je te regarde, tu sais ce que je pense, point. Cela fonctionne. Et pour un maigre instant, dans toute une vie d'interrogations sur l'origine, le mécanisme et l'issue de toute chose existante et de toute chose imaginée, pour un furtif instant qui pourrait être une éternité, il y a un parfum de vacances dans l'air, parce que je me fous de savoir comment ça marche. Je m'en fous vraiment!
Je veux juste que ça marche.
Je veux juste que le message soit clairement émis par mon métonymique cerveau (ici: le sujet A dans son intégralité), qu'il fasse son chemin, qu'il te touche et qu'à l'arrivée, il fasse comprendre à ton métonymique cerveau (ici: le sujet B dans son intégralité) chaque composante de ma pensée, dans toute sa simplicité.

Alors mettez-moi de la circonvolution à revendre, des lobes, des nerfs, mettez-moi tout ce que vous voulez dans vos explications, elles me passionneront sans doute, mais ne comptez pas sur mon attention quand tout ce bazar logé dans ma boîte crânienne me servira à envoyer ou recevoir des messages instantanés: la communication est trop simple, trop belle, trop remplie de merveilles pour que son plaisir soit gâché par des choses aussi futiles que ses aspects scientifiques!

Commenter cet article