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Le Nouveau Manoir

Pandore

24 Novembre 2007 , Rédigé par ISobel Publié dans #Plumeries

‘Du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez pas et vous n'y toucherez pas afin de ne pas mourir.’ Le serpent dit à la femme : ‘non, vous ne mourrez pas, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance du bonheur et du malheur’ La femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance’

…et nous connaissons tous la suite.

Arbre-de-Valentys.jpg

Tentée par son mystérieux pouvoir et sous les conseils du Serpent, Eve mordit dans la pomme, fruit de l’arbre de la Connaissance et ses yeux s’ouvrirent sur le monde et sur ses mécanismes complexes. Dans le troisième chapitre de la Genèse, c’est pour avoir cédé à une tentation appelée ‘curiosité’ qu’Adam et Eve se firent chasser des verdoyants et fertiles jardins d’Eden. C’est pour avoir voulu connaître davantage qu’Eve fut condamnée à la souffrance de la conception et c’est pour avoir partagé la curiosité de sa moitié qu’Adam dût apprendre à cultiver ce qui lui servirait à nourrir sa famille. Ce jour là, le sang et la sueur devinrent le lot de l’Humanité.

 

 

De toute éternité, le pouvoir de semer le chaos a été attribué aux femmes et si l’on en croit diverses mythologies et nombre d’expériences personnelles, elles ne s’en sont jamais privées.

 

 

Parce qu’il est bon de se remémorer les merveilleuses histoires qui ont créé notre culture autant que celles qui ont lancé en tout premier lieu l’assertion que les femmes étaient génératrices de pagailles cosmiques, je vous parlerai aujourd’hui d’une d’entre elles, à peine moins célèbre que notre chère Eve.

 

Pour cela, replongeons-nous dans les heures où le Monde tel que nous l’imaginons était entre les mains toutes-puissantes et un tantinet vengeresses du grand Zeus.

Le Titan Prométhée eût un jour l’idée farfelue de donner aux Hommes la science du feu après l’avoir subtilisée aux dieux.

Nous l’avons déjà vu il y a quelques temps avec l’histoire de Tantale qu’un Zeus froissé avait plongé dans les eaux du Tartare pour l’éternité : il ne faut surtout pas jouer avec les humeurs du maître de l’Olympe. En guise de châtiment, Prométhée fut enchaîné sur le mont Caucase et condamné à se faire picorer quotidiennement le foie par un aigle. Mais Zeus l’Imaginatif n’en avait pas fini et comptait bien punir aussi ceux qui profitaient désormais des bienfaits de belles flambées réservées jusqu’alors aux Immortels : les Hommes.

 

Zeus appela Héphaïstos, Athéna, Aphrodite, Apollon et Mercure et leur tendit les plans de sa vengeance. Obéissants et sans doute enthousiastes à l’idée de jouer un peu avec les Mortels, ces derniers se mirent à l’ouvrage. Des mains du dieu des forges fut conçue une femme à laquelle Athéna donna la vie, Aphrodite la beauté, Apollon la maîtrise de la musique et enfin Mercure, l’éloquence et la malice.

Pendant ce temps-là, Zeus prit soin de retrouver et emballer une boîte contenant tous les maux que Prométhée avait eu la bonté d’y enfermer pour les épargner à l’Humanité : la Vieillesse, le Travail, la Maladie, la Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion et enfin, bon dernier, mais non le moindre, celui qui transmettait à chaque Homme la connaissance de ses malheurs à venir et celle de la date de sa mort.

 

Ravi de son plan, Zeus offrit à Epiméthée (frère de Prométhée) un lot de présents qui scellerait l’avenir des Hommes et les plongerait dans le chaos : une boîte maudite très mal fermée et une épouse curieuse du nom de Pandore.

Epiméthée, quelque peu naïf mais séduit par la beauté de la nouvelle venue, accepta sa main et dans son euphorie n’écouta que d’une oreille distraite les mises en garde de Zeus qui lui conseillait de ne jamais ouvrir la fameuse boîte au risque de libérer des connaissances trop grandes pour la race des Hommes. Du haut de son rocher, Prométhée souffla à Pandore le même avertissement, mais que vaut l’écho lointain de la prudence contre la combustion incessante de la curiosité ?

 

Aidée par les atouts qu’Aphrodite et Mercure lui avaient prodigués, la maligne Pandore obtint sans peine de son mari le droit de conserver elle-même la boîte divine. Les jours passèrent et l’objet, fourmillant de ces mystérieuses connaissances interdites, ne cessait de narguer sans pudeur la curiosité de la jeune femme jusqu’au moment où, n’y tenant plus, l’imprudente se résolut à l’ouvrir pour jeter un coup d’œil rapide à son contenu. Arriva ce qui devait arriver, tous les maux de l’Humanité jaillirent de la boîte.

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Tandis que les premiers sortis se propageaient allègrement sur toute la surface du Monde, Pandore réalisa son erreur et referma la boîte juste au moment où le dernier des maux s’apprêtait à en sortir, l’y enfermant à jamais.

 

La jubilation de Zeus ne fut donc pas totale : ainsi, les Hommes connaîtraient les pires fléaux qui les tiendraient définitivement à l’écart des joies divines, mais ils auraient la chance de ne pas exister dans leur douloureuse et paralysante attente, il leur resterait l’Espoir, bénédiction suprême qui leur permettrait d’endurer tous leurs malheurs à venir jusqu’à l’heure où Atropos, celle des Moires que l’on nommait l’Implacable, déciderait de trancher par surprise le fil de leur existence.

 

C’est donc à la curiosité de Pandore que nous devons la rugosité de la vie terrestre, mais c’est également à la vivacité de son esprit que nous devons notre faculté à l’optimisme, tout comme nous devons à Eve la douleur du labeur et la conscience par contraste de la douceur du repos.

 

 IMGmlp009.jpg

Prenez donc garde, Mortelles, de ne pas déchaîner des torrents pour avoir voulu éteindre une flamme, mais gardez à l’esprit ce choix qui est le vôtre : vous pouvez choisir de vous laisser consumer ou de vous laisser submerger, cependant, une fois que la boîte de Pandore a été ouverte, il est bien trop tard pour la refermer...

  

ISobel

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mourad 28/11/2008 17:13

"Prenez donc garde, Mortelles, de ne pas déchaîner des torrents pour avoir voulu éteindre une flamme, mais gardez à l’esprit ce choix qui est le vôtre : vous pouvez choisir de vous laisser consumer ou de vous laisser submerger, cependant, une fois que la boîte de Pandore a été ouverte, il est bien trop tard pour la refermer..."

Une voie qui  murmure…. Qui t’enseigne que tu es  l’œuvre d’une seule main ou d’un seul  sujet ?  mais non de plusieurs, qui te garantit cela ?  Ne pourrais-tu être peut-être aussi l’œuvre de toutes les choses qui te font et te défont à chaque instant ? ... Un choix…oui, ou plutôt Non !  je refuse les choix, le nouveau choix qui se présentait à moi ce matin semblait bien meilleur que tous ceux qui s’étaient déjà présentés. Ne pas se contraindre à un choix…à une méthode, c’est donc peut-être là le meilleur choix…la meilleure méthode. Tout bien pesé, c’est une sensation bien floue et embarrassante que de devoir se contraindre à réfléchir, prendre une direction…Devoir fixer la bonne direction vers…un total inconnu !
Au gré du vent toujours...

Marie 24/11/2007 14:58

Tu pourrais aussi citer les légendes des rois de Tara, et les mythes gallois (Lleu, Merlin, ...) où les femmes font tjs tout foirer pour ne pas changer ^_^