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Le Nouveau Manoir

A Midfall Afternoon's Dream

16 Novembre 2007 , Rédigé par ISobel Publié dans #Plumeries

botticelli-threegraces.jpg

 

Rien de plus angoissant de réalisme que ces rêves que l'on fait le jour, lorsque l'on est clouée au lit et souffrante...

 

En entrant dans l'hôpital, je vois trois personnes, attachées côte à côte par des liens aux poignets, disposés un peu de la même façon que les Trois Grâces de Botticelli: deux nous font face, et un au milieu nous tourne le dos.

 

Je ne vois pas le visage de l'homme qui est au milieu, je n'entends que ses hurlements qui, même en rêve, me glacent le dos. Il est hystérique et ses cris résonnent dans le couloir aux murs verdâtres salement éclairés par des néons à la lueur irrégulière: "J'AI ESSAYE!" hurle-t-il au visage de celui (ou celle) qui est attaché à sa gauche et qui semble à bout de nerfs, visiblement terrorisé par son voisin. "J'AI ESSAYE!"...


Le jeune homme qui est à sa droite, le regard éteint, lui dit dans un soupir: "ça ne sert à rien, ils ne te croiront pas". Il a l'air soulagé que l'hystérique ait reporté son attention et ses hurlements sur l'autre voisin.

 

Je suis là avec un jeune médecin qui tente de m'expliquer cette insupportable scène: "ce sont trois cas avancés différents que nous avons attachés ensemble pour observer leur comportement. Celui de gauche n'a pas conscience qu'il est dépressif et nous demande pourquoi il est là à chaque fois que nous l'interrogeons. C'est sa femme qui nous l'a amené et nous a informé de son trouble. Celui de droite est à un stade poussé de dépression et a fini par accepter le fait d'être un malade mental: ce sont les médicaments qui le mettent dans cet état, il les prend sans résistance. Celui du milieu en revanche a littéralement disjoncté. C'est notre cas le plus grave. Il se prend pour un médecin et est persuadé que nous l'avons interné par erreur. Une brochette de tarés à enfermer."

 

Puis devant nous le personnage de gauche, à bout, saisit de sa main libre la tête de son voisin et, soudain animé d'une rage terrible, tente de la fracasser contre un mur. Mais la scène change et c'est moi qui ai pris sa place et je me vois, attachée, entrain de frapper l'homme du milieu de toutes mes forces contre le carrelage des parois qui nous entourent, sans voir son visage. En revanche j'aperçois le jeune médecin, à quelques mètres de nous, qui nous observe avec froideur et même (mais je deviens probablement paranoïaque) une certaine étincelle d'amusement au coin de l'oeil.

  Ce qui suit se passe très vite: l'hystérique se libère de ses liens, attrape le jeune médecin, lui arrache ses vêtements, le revêt des siens et l'attache avec nous, dans la même position que celle qui était la sienne quelques secondes auparavant, puis s'enfuit nous laissant là, tous les trois, le dépressif drogué et apathique, le jeune médecin terrorisé et décoiffé et moi, moi qui ne sais pas ce que je fais ici, captive, dans le couloir terrorisant d'une maison de fous.

Au bout du couloir, un homme aux cheveux grisonnants en tenue de médecin et à son bras une femme aux longs cheveux blonds nous regardent, leurs visages fendus d'un large sourire. Je les reconnais: le directeur de l'hôpital et ma femme. Je comprends pourquoi je suis là...

 

A ma droite, le jeune médecin, ses yeux brillent intensément et son visage est déformé par la peur. Pétrifiée moi-même je lui dis "mais il faut que vous leur disiez que vous êtes là par erreur, que vous êtes médecin". Adossé contre le mur, notre compagnon soupire: "ça ne sert à rien, ils ne te croiront pas". Je regarde à nouveau mon voisin, en proie à la panique: "il le faut! il faut que vous disiez ce qui s'est passé!".

 

Un éclair de folie traverse son regard, il rapproche son visage du mien et sa bouche se déchire quand il me hurle de toutes ses forces: "J'AI ESSAYE!"

 

 

 

Ce rêve est la preuve que l'on n'a pas besoin d'un imaginaire actif

original pour créer des histoires de fous; quelques

anti-inflammatoires suffisent!...



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