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Le Nouveau Manoir

Bloody Hell!

16 Novembre 2007 , Rédigé par ISobel Publié dans #Curiosités

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Halloween approche, et même s'il n'est pas très judicieux de ma part d'entretenir la confusion entre cette fête des caries et des cadavres noctambules et la belle tradition païenne de Samhain, il me serait difficile de ne pas me plier aux joyeuses exigences de l'occasion pour vous faire découvrir une des figures emblématiques du royaume des songes sanglants.

 
 
Le légendaire comte Dracula, ne l'oublions pas, a réellement existé sous le nom de Vlad III Tepes dit Draculea "Empaleur, Fils de Dragon": il n'est pas né, comme il serait rassurant de le croire, de l'imaginaire d'un écrivain irlandais dérangé et brillant.

 

Son équivalent féminin non plus.

 

Erzsébet Bathory, née en 1560, est issue d'une longue lignée de la noblesse Hongroise. Elle fut reléguée très jeune à l'intendance du château de Cachtice, offert par son époux Ferenz Nadasdy, important militaire de son temps.

 
Quand à quinze ans on se retrouve riche et enfermée dans un château entouré de terres sauvages, au beau milieu des Carpates, il faut bien trouver un moyen de passer le temps.

Quand en plus on a reçu le don de beauté et la possibilité de la contempler dans de multiples miroirs, parée de jolies robes et de bijoux clinquants, on se met à avoir une idée luxueuse de l'amusement.
Et quand, enfin, on descend d'une lignée au sang porteur de nombreux maux récurrents (tous les Bathory ou presque furent identifiés comme étant, entre autres, épileptiques) qui ne laissent de repos ni au corps ni à l'esprit, on en arrive à faire des associations d'idées singulières...

 
C'est ainsi que la jeune Erzsébet, s'étant convaincue que le sang était une eau de jouvence, se livra à la torture et à l'exécution des jeunes paysannes qui vinrent à son service de toute la campagne avoisinante.
Secondée par deux servantes dévouées et un homme de main complètement fou, elle imagina toutes sortes de stratagèmes pour régénérer ses appas déclinants grâce à la fraîcheur de cette marchandise humaine toujours renouvelée.

 
Elle ne recula devant aucun diabolisme pour pouvoir s'offrir son bain de sang et sa dose de satisfaction sadique quotidiens.

Elle fit près de six cents victimes.

 

Ironie du sort, la légende veut que lorsqu'on s'aperçut de sa consommation abusive de domestiques, en 1611, on la fit enfermer dans une des pièces de son château avec pour seul compagnon un miroir, témoin muet et cruel de l'office du temps sur les charmes qu'elle avait tant oeuvré à préserver.

Elle y mourut en 1614.

 

Bronzino - Portrait de Lucrece Panciatichi
(ou le fabuleux pouvoir attractif des robes rouges)

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