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Le Nouveau Manoir

Sonnet 87

16 Novembre 2007 , Rédigé par ISobel Publié dans #Curiosités

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Farewell! thou art too dear for my possessing,
And like enough thou know'st thy estimate,
The charter of thy worth gives thee releasing:
My bonds in thee are all determinate. 
For how do I hold thee but by thy granting,
And for that riches where is my deserving?
The cause of this fair gift in me is wanting,
And so my patent back again is swerving.
Thy self thou gav'st, thy own worth then not knowing,
Or me to whom thou gav'st it, else mistaking,

So thy great gift upon misprision growing,
Comes home again, on better judgement making.
Thus have I had thee as a dream doth flatter,
In sleep a king, but waking no such matter.

William Shakespeare, 87th Sonnet

Adieu! tu es pour moi possession trop chère,
Et sans doute sais-tu quel est ton juste prix;
Ton mérite est la charte, ami, qui te libère,
Et tous mes droits sur toi par là sont abolis.
D'où te puis-je tenir, si ce n'est de ta grâce?
Et comment ce trésor ai-je pu mériter?
Ce riche don chez moi n'a ni raison ni place
Et ma concession doit donc te retourner.

Tu t'est donné toi-même, ignorant ta valeur,
Ou te trompant sur moi, ton bénéficiaire:
Ainsi, ton grand présent, fondé sur une erreur,
Revient, à mieux juger, à sa source première.

Comme un rêve flatteur, tu fus mien en sommeil;
Endormi j'étais roi: rien de tel au réveil.

 

Traduction de François-Victor Hugo

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