Dame Nature,
l’Epouse
Dans le paganisme, les rites les plus importants d’initiation et de confirmation de la foi païennes consistent à s’unir,
physiquement et/ou spirituellement aux éléments. Le sexe de l’initié est ainsi confirmé et sa place dans le monde est creusée, à l’intersection des quatre principaux éléments, eau, terre, air,
feu et d’un cinquième, assimilable au « Saint Esprit » chrétien. La cérémonie consiste à proprement parler en une sorte d’onction spirituelle par les éléments et, dans certains rites,
s’étoffe par une union sexuelle entre deux initiés de sexes opposés, censée représenter l’étreinte entre le Dieu et la Déesse (les deux divinités principales de cette croyance), à l’origine de
tous les phénomènes naturels, incluant la Vie elle-même.
Dans le roman de V. Woolf, lorsque Lady Orlando découvre les traditions du dix-neuvième siècle dans le domaine du mariage,
alors qu’elle-même se sent irrémédiablement poussée par une force invisible (l’ « esprit du siècle », souvent évoqué) à prendre un
époux, elle ne peut s’empêcher d’essayer (vainement) de comprendre d’où vient cet engouement pour les unions indissolubles et prend pour exemple d’immuabilité la Nature qui, elle, n’a jamais
changé sur ce point-ci. A l’instar de cette dernière, Orlando est spectateur/trice du défilement du temps, mais ce qui les différencie est le fait qu’Orlando, incarnant justement l’Esprit du
Siècle, soit pris/e bon gré mal gré à témoin et métamorphosé/e en acteur/trice dans cette course d’obstacles parmi la succession des inconstances
humaines.
Dame Nature et ses sujets n’ont jamais changé de comportement sur le point des unions entre mâles et femelles, certes,
mais pas non plus sur tous autres aspects de la vie. C’est justement la constance de la Nature, allant de pair avec la constance innée d’Orlando lui/elle-même, qui nous permet d’unir sur un même
rail ces deux entités et qui donne à Orlando ce si fort sentiment d’appartenance aux éléments.
Orlando a atteint la maturité à travers la féminité et se retrouve sur le palier de ce que l’on pourrait concevoir comme
les prémices de l’initiation d’une « sorcière » en devenir, attendant que son rituel initiatique soit enfin scellé par la rencontre avec les forces de la nature, puis parfaite grâce à
l’arrivée de la divinité masculine supposée la compléter.
L’arrivée de Shelmerdine est significative : il n’est pas tant l’élément masculin ajouté à l’élément féminin qu’est
alors Orlando, que la matérialisation de cette union typiquement païenne amorcée dans la scène où notre héroïne se retrouve face contre terre à se proclamer épouse de la Nature. Elle s’offre aux
éléments et s’inscrit de cette façon dans le cycle des croyances païennes qui, à la différence des croyances chrétiennes, permettent l’être former un tout avec son environnement, comme s’il était
au centre d’une sphère, alors que le christianisme pose le croyant dans un schéma vertical, sur une ligne reliant Enfers et Cieux.
C’est ce glissement, ou plutôt cette addition du christianisme et du paganisme qui nous dévoile, par une sorte d’expansion
métaphysique du personnage d’Orlando, toute la portée spirituelle, si ce n’est de l’œuvre, au moins du personnage créé par Virginia Woolf, s’apparentant de plus en plus à une représentation du
Divin, androgyne et atemporel.
Mère
Nature
S’il est une chose qui contribue bien à inscrire Orlando dans un cycle d’éternité le rapprochant indubitablement d’une
certaine forme de divinité, c’est le peu de mention qu’il est fait de ces ancêtres et surtout de ses parents. On évoque à peine les premiers lors d’une ballade faite par un Orlando en proie au
chagrin d’avoir vu partir sa bien-aimée dans une des chapelles de sa famille. La seule allusion qui est faite à ces illustres représentants de la lignée n’est là que pour faire un clin d’œil à
Shakespeare et son Hamlet, en l’objet d’un crâne dont Orlando ignore même jusqu’au propriétaire. Quant à ses parents proches, on ne les connaît qu’au travers des aspirations chevaleresques et
poétiques du jeune Lord Orlando.
Le seul parent qui paraisse l’accompagner est (outre évidemment ses fidèles chiens) le chêne vers lequel il retourne
toujours, symbole de longévité et peut-être même tout simplement incarnation d’Orlando. La Nature agit ici comme palliatif à l’absence délibérément marquée par V. Woolf de la Mère (qui
rappelons-le a perdu la sienne alors qu’elle était très jeune). Si les figures maternelles se succèdent en les personnes de la Reine, puis de Sacha d’une certaine façon (elle ne cesse d’essayer
de rassurer Orlando et de lui donner le sens des réalités), c’est incontestablement la Nature qui prend en elle la responsabilité de cette fragile créature qu’elle a engendrée. V. Woolf diabolise
la Nature, lorsque la toute récemment métamorphosée Lady Orlando s’enfuit de l’ambassade turque pour aller se réfugier dans le désert et que son sens des priorités fait toujours passer les
éléments avant les biens matériels, pourtant si utiles aux bohémiens avec lesquels elle vit. On peut y percevoir un message signifiant que l’absence de figure maternelle conduit à une
idéalisation et que l’idéalisation d’un absent a tendance à paralyser. Cela montre également que la Nature, ou la Déesse, est stérile quand elle n’est pas associé au Dieu fécondant, aux attaches
plus matérielles, à une réalité plus concrète. C’est pendant son séjour auprès des Bohémiens qu’Orlando commence à percevoir les nouveaux attributs propres à son nouveau sexe, et aussi leurs
limites.
Avoir pour toute parente Mère Nature parachève de donner à Orlando sa dimension mystique en nous dévoilant sa lignée
divine.
Dans le paganisme, si le Dieu et la Déesse sont sensés être d’importance égale à l’instar du Yin et du Yang asiatiques, on
s’aperçoit que c’est dans les faits loin d’être le cas, car si c’est le mâle qui féconde, ce n’en est pas moins la femelle qui porte, engendre et
élève la progéniture. Cela aussi justifie le choix de V. Woolf de faire passer l’homme avant la femme dans la chronologie de son personnage. Il fallait que soit laissée à portée de plume
l’opportunité de donner un prolongement à l’entité Orlando : l’enfant.
La naissance de cet enfant, passant presque inaperçue, et résultant de la rencontre entre Shelmerdine et Orlando laisse
une impression d’ « auto engendrement ». Ces derniers étant identiques, on peut aisément les considérer comme une seule et même personne, enfin complète et détentrice de tous les
éléments nécessaires pour reproduire le cycle de la vie. Devenant une entité capable de se perpétrer presque toute seule, Orlando prend définitivement la forme d’une divinité
accomplie.
L’Immortel(le)
Voir définition en annexe.
L’insensibilité de
l’hypersensible
Cette hypothétique notion d’Immortalité désignant les personnes peu soucieuses des choses du monde réel est symbolisée et
emphatisée grâce au personnage créé par V. Woolf, qui en est l’incarnation caricaturale. Lord Orlando est glacial, Lady Orlando est froide (tout juste tiédie par la maternité), non pas dans le
sens habituel qui les voudrait antipathiques, mais dans le sens où leurs interactions avec le « commun des mortels » sont extrêmement limitées.
Orlando a une figure de témoin ne prenant jamais réellement part aux choses. Le style détaché d’une portraitiste/biographe
(particulièrement insouciante des émotions véritables de celui qui pose devant elle) ne nous permet pas, malgré les détails qui nous sont donnés, de pénétrer les réelles pensées d’Orlando.
L’usage fréquent d’ellipses, les interventions perpétuelles de la voix narrative dans le roman, tout cela contribue à établir une barrière infranchissable entre le portrait en deux dimensions
(juste représentatif) et le portrait de chair. On n’a beau y patauger perpétuellement et être en tant que lecteurs le réceptacle des pensées les plus (en apparence seulement) intimes d’Orlando,
on ne les connaît à aucun moment. Dans ses autres romans, Virginia Woolf n’érige pas toujours ces barrières faisant frontière entre le lecteur et l’objet contemplé. C’est un procédé qu’elle
n’utilise que lorsqu’elle tient à les protéger, les isoler d’une société boiteuse, les élever vers les sommets de la distinction. On ressent précisément les effets de la contemplation de
l’auteur vers son personnage : en entrant, grâce à sa voix omniprésente, dans les réflexions d’un narrateur/peintre, on finit par adopter son point de vue. Tout désir de véritable ou supposée
compréhension du personnage d’Orlando relève du fantasme.
Orlando est posé tout au long du roman (la donne changera vers la fin) comme un héros que l’on regarde évoluer, souvent
avec tendresse, maternité, puis que l’on envie, que l’on admire parfois et qui nous attache à sa cheville par une illusion de sincérité et de loyauté envers l’image poétisée que l’on se fait de
lui (il nous la veut bien, « se » la veut bien donner).
A l’instar de ses autres conquêtes, homme ou femme, Sacha n’est pas le réel objet de l’amour du jeune Lord hermaphrodite
(et nous la soupçonnons de parfaitement le savoir) : c’est l’Amour lui-même qui mobilise, non pas les sentiments, mais le désir de ressentir de ce dernier et qui est la véritable cible de
son attention.
Le cas de
Shelmerdine est entièrement différent. Effectivement, on voit Orlando en proie à ce qui ressemble à l’amour véritable, mais cela s’explique de deux façons : la première, rappelons-nous que
Shelmerdine n’est que le double masculin d’Orlando, double qu’elle comprend et dont elle est imprégnée autant qu’elle est imprégnée d’elle-même. Cet amour peut donc être vu comme une passion
entre narcissisme et acceptation de soi. Ensuite, Shelmerdine, qu’il soit traité en tant que double ou entité à part entière, arrive dans la vie d’Orlando au moment ou cette dernière a mûri,
changé, ou les enjeux et manifestations des relations humaines ont changé. Il n’est pas étonnant qu’à ce stade de l’histoire où le divin n’est plus, nous le verrons plus loin, que le voisin de
l’humain, l’enveloppe dans laquelle est né Orlando change, au service de la métaphore omniprésente du début à la fin : Orlando= Esprit du Siècle.
On ne peut éviter
de voir réapparaître devant nos yeux cette image du dieu posé dans l’Eternité et ne se souciant guère du champ de vision des mortels qui fourmillent sous ses pieds, n’ayant absolument pas
conscience des valeurs à l’échelle humaine.
Au-delà des
genres
De très nombreux éléments nous permettent à ce stade de cesser tout à fait de considérer Orlando comme un être de chair,
un simple mortel parmi les mortels. Après avoir observé toutes les parallèles avec la divinité ; après avoir laissé Virginia Woolf avouer à
plusieurs reprises qu’Orlando est ses humeurs n’étaient pas peintes que par le narrateur, mais également par l’influence des contextes historiques et spatiaux ; après s’être longuement
baladé entre les occurrences d’un Lord Orlando, d’une Lady Orlando, mâle puis femelle, Dieu puis Déesse, fils de Vénus puis descendante de Mars, nous sommes forcés d’admettre qu’Orlando (sous
couvert de ses beaux atours et de ses masques le déguisant en réceptacle de sentiments) n’a plus grand-chose d’un être humain bisexué et encore moins de deux êtres humains
interchangeables.
Ce n’est pas véritablement à un homme puis une femme que nous avons affaire, mais à un concept. V. Woolf utilise Orlando
comme entonnoir, témoin aux multiples points de vue de ce que le temps, les humains et les périodes ont pu faire de plus varié. Souvenons-nous qu’elle le considère comme son personnage de
« récréation ».
Une unité est créée lorsque le lecteur, se souvenant de l’œuvre dans son ensemble, ne voit plus un personnage vêtu de
taffetas pas plus que de culottes de soie, mais une traversée des époques et des lieux comme s’il sortait de l’avion pour rentrer chez lui après un voyage qu’il aurait lui-même fait. Tout au plus
le lecteur a-t-il en tête une vague silhouette dont les traits flous, au fur et à mesure qu’il tente de s’en rapprocher se dissolvent et quittent le sexe qu’on pensait pouvoir lui attribuer pour
en prendre un autre. Orlando génère deux effets différents : celui de la fenêtre d’un train ouverte sur le monde et sur le temps, que nous venons
de décrire et un autre, n’ayant rien à voir avec le précédent. Car Orlando relève autant du voyage que du fantasme. En effet, si certains refermeront
le livre en ayant fini par faire abstraction du personnage pour s’oublier dans les impressions contemplatives qu’il aura fait naître en eux, d’autres en revanche ne se souviendront pas de la
moitié de ses faits et gestes mais garderont longtemps en tête les composantes structurelles du « concept Orlando », allant de pair avec toutes les figures androgynes qui parsèment les
croyances religieuses et fantaisies de chacun.
L’approche du Divin, révélatrice
d’Humanité
Orlando est né d’un Big-bang, a vécu une existence, a vécu une deuxième existence, a engendré, puis a continué à vivre,
s’inscrivant dans le cycle de l’Eternité. Il ne craint pas la mort et n’a évidemment pas conscience de sa finitude.
Cependant, nous
avons remarqué plus tôt que, une fois les siècles passés et les sexes intervertis, l’expérience colossale Orlando s’est renforcée d’une maturité propice à l’union et à la maternité. Elle a
assisté à tout, portée par le temps et les vents, bousculée par les changements de mœurs séparant les règnes d’Elisabeth et de Victoria, elle a pris part dans toutes ces oscillations de façon
plus ou moins passive, ce qui aurait du lui garantir une divinité absolue et la tenir définitivement à l’écart de l’entendement humain.
Mais que nous rappelle la naissance du fils d’Orlando ? Un certain nommé Dieu n’avait-il pas le pouvoir de donner la
vie ? Cernunnos et Kerridwen, deux faces d’un même miroir n’avaient-ils pas pour mission de réveiller l’esprit propre des éléments ? Devenant divinité, Orlando s’est octroyé (ou s’est
vu donner) le pouvoir d’engendrer et donc de « créer à son image » un nouvel enfant. La boucle est bouclée, tout comme le sont le cycle de la Genèse et celui du cours des éléments (de
l’eau entre autres). On est en droit d’attendre en la personne du fils d’Orlando, un Orlando-bis, qui sait, peut-être un Shelmerdine qui se verra s’épanouir sous la plume d’un autre
écrivain...
Le message qui passe au travers des mailles du filet de divertissement tissé par Virginia Woolf autour d’un roman présenté
comme une « farce » est pourtant loin d’être anodin. Il y a même quelques forts éléments de métaphysique dans ces considérations faisant de la divinité la plus aboutie l’égale de
l’homme. La Bible expose cette équivalence dès ses premières pages, quant à la religion Païenne, faisant de chaque Initié une incarnation du Dieu ou de la Déesse, elle suit la même
ligne.
C’est en devenant Dieu qu’Orlando est devenu Homme.
CONCLUSION
Orlando, Orlando,
Orlando, ce prénom peut-être prononcé trois fois de suite soit comme une prière, soit comme une incantation, soit comme une formule magique, soit comme une simple liste des trois prénoms d’un
même personnage triple que d’autres ont appelé Père, Fils et Saint-Esprit, ou encore Dieu, Déesse et Esprit.
En construisant son roman comme la plus absurde des biographies, en y mêlant beaucoup de contemplation, un peu d’action et
énormément de réflexion, Virginia Woolf a réussi à créer un livre plus porteur de sens qu’elle-même ne le souhaitait au moment de la rédaction. D’un simple hommage à Victoria (Vita)
Sackville-West, nous passons à une des plus brillantes représentations de la fuite de l’Esprit des Siècles, depuis le glorieux dix-septième jusqu’au tumultueux vingtième, de leur portée
respective, de la nature humaine, de la nature divine et de la nature, tout court.
Après ce tour
d’horizon des enjeux (non exhaustifs) du roman Orlando, une chose peut laisser perplexe, c’est qu’aujourd’hui encore, ce dernier soit si souvent
considéré comme le plus léger de ses ouvrages. On semble oublier que les pièces les plus colorées de la musique de la période baroque étaient souvent les plus graves, cachant derrière les éclats
du théorbe et les envolées des flûtes les traces des plus émouvantes lamentations que l’Histoire de la Musique ait pu nous offrir. De même, qui oserait dire de Guernica qu’il s’agit d’une des
œuvres « légères » du Vingtième Siècle pour sa seule palette de couleurs ?
C’est un
traitement bien étonnant que celui qui est réservé à Orlando... Mais peut-être doit-on en incriminer l’Esprit du Siècle ?
ANNEXES
Définition du terme Immortel
employé dans ce contexte :
Le terme d’immortel désigne au sens le plus strict une chose qui n’est pas
soumise à la loi de la Mort. Cela devrait désigner en toute logique ce qui est dépourvu de vie mais justement (paradoxalement), l’immortalité ne pouvant être définie que, par opposition, grâce au
terme de mortalité et ne s’illustrant que par son caractère exceptionnel, elle est devenue une vertu attribuée depuis la Mythologie grecque aux divinités. Dans le cadre de ce travail, nous lui
donnerons un sens particulier qu’il est important de définir avant d’entrer dans l’analyse même. Il s’agira bien sûr d’un terme signifiant au sens large ce qu’il a toujours défini, mais il
inclura également une catégorie d’êtres humains, celle à laquelle Orlando, s’il n’avait pas été personnage de fiction, aurait sans doute appartenu : c'est-à-dire à une catégorie de personnes
ayant pour caractéristique d’être prompte à se détacher de la réalité. Les « Immortels » que nous allons évoquer ici sont en premier lieu des personnes aimant se laisser aller à la
rêverie, sujettes à la métempsychose, et n’ayant qu’une notion très vague et très insuffisante du pragmatisme et ayant ainsi une conscience différente du défilement du temps et de toutes sortes
de valeurs, comme par exemple le sens des priorités.
Un Titre Circulaire
Cette présentation du titre du roman de V. Woolf nous permet de laisser transparaître les thématiques qui ont été évoquées
lors de cette étude.
Les deux « O », situés en début et en fin du prénom du héros éponyme, sont révélateurs de deux choses
différentes. Le cercle est le tronc commun aux deux représentations symbolisées de l’Homme et de la Femme depuis la Mythologie Grecque. Le premier, auquel on ajoute une flèche, représente le dieu
Arès décochant une flèche. Le second, soutenu par une sorte de croix est sensé représenter le miroir de la déesse Aphrodite. On a également noté une structure circulaire dans l’évolution du
personnage, comme issu de nulle part et s’engendrant lui-même. Le nom même d’Orlando, si l’on le rapproche par les deux extrémités, forme une boucle.
Orlando est présenté comme une personnification de la Nature, or on remarque également, au milieu du prénom, le nom
« land », rappelant les paysages qu’Orlando contemple jusqu’à finir par s’y incorporer.
Ce prénom contient en effet à la fois l’ambiguïté sexuelle et la portée métaphysique du personnage qui le porte. On est en
droit de penser que Virginia Woolf ne l’a certainement pas choisi au hasard...
Cette photo, intitulée « Orlando on her return to England », fait partie des images jointes à la plupart des
éditions d’Orlando. Elle montre l’amie de V. Woolf, l’écrivain Vita Sackville-West, à laquelle Virginia Woolf a dédié son roman. On sait que c’est elle que Virginia avait en tête lorsqu’elle a
créé Orlando, au sujet de l’incarnation féminine de laquelle elle a dit « no human being, since the world began, has ever looked more ravishing ».
Fin