Vendredi 21 décembre 2007


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Stars shining bright above you
 
Night breezes seem to whisper "I love you"
 Birds singin' in the sycamore tree
 Dream a little dream of me
 

 Say nighty-night and kiss me
 Just hold me tight and tell me you'll miss me
 While I'm alone and blue as can be
 Dream a little dream of me
 

 Stars fading but I linger on dear
 Still craving your kiss
 I'm longing to linger till dawn dear
 Just saying this
 

 Sweet dreams till sunbeams find you
 Sweet dreams that leave all worries behind you
 But in your dreams whatever they be
 Dream a little dream of me
 

 Stars fading but I linger on dear
 Still craving your kiss
 I'm longing to linger till dawn dear
 Just saying this
 

 Sweet dreams till sunbeams find you
 Sweet dreams that leave all worries far behind you
 But in your dreams whatever they be
 Dream a little dream of me

 
 
 
Dream a Little Dream of me
The Mamas & the Papas
 



Les étoiles étincellent dans ton firmament
Et les brises nocturnes semblent murmurer 'je t'aime'
Des oiseaux chantent, perchés dans un sycomore.
Laisse-moi une petite place dans tes songes.
 

Souhaite-moi une douce nuit et embrasse-moi
Serre-moi fort et dis-moi que je te manquerai
Et alors que je resterai seule et si triste
Laisse-moi une petite place dans tes songes.
 


Les étoiles pâlissent, mais moi, je demeure 
Eternellement affamée de tes baisers
Et je demeurerai ainsi, jusqu'aux aurores
Répétant cette simple litanie
 

Fais de doux rêves, jusqu'aux premiers rayons du soleil
De ces beaux rêves qui effacent toutes les inquiétudes,
Mais quel que soit l'endroit où le sommeil t'etraîne
Laisse-moi une petite place dans tes songes.

 

Les étoiles pâlissent, mais moi, je demeure 
Eternellement affamée de tes baisers
Et je demeurerai ainsi, jusqu'aux aurores
Répétant cette simple litanie
 

Fais de doux rêves, jusqu'aux premiers rayons du soleil
De ces beaux rêves qui effacent toutes les inquiétudes,
Mais quel que soit l'endroit où le sommeil t'etraîne
Laisse-moi une petite place dans tes songes.


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Dimanche 16 décembre 2007

 

La Lune est perchée, haute dans le ciel d’encre.

A perte de vue, une poussière de glace s’étend de tous côtés, à peine démarquée de la ligne
d’horizon par le faible scintillement de quelques particules en suspension, posées dans l’aircomme les petits corps de fées défuntes en lévitation.
Elle marche, ou plutôt flotte à quelques centimètres au-dessus du sol enneigé de la plaine, ses pieds
 nus laissent, vierge, le manteau blanc qui n’est pas même taché de son ombre.
Le silence est affûté comme la lame courbe et sensuelle d’un sabre, un silence que seuls peuvent 
générer les rêves et les apocalypses, un silence de solitude et de désolation : le silence de ces rêves 
mystiques où les dieux prennent les dormeurs à témoin de leurs genèses en leur soufflant au coeur 
les vagues d’un requiem muet.


Oph--lie.jpg


Le sol se met à trembler : il semble que la peau de la terre est sous-tendue de milliers de mains 
soudain devenues folles. Ophélie sent son cœur vibrer en rythme, elle s’en rend compte maintenant: 
c’est en fait lui, duquel partent des milliers de fils d’argent, qui agite la toile de la vallée blanche.
Une violente douleur vient se loger dans son dos, entre ses omoplates, un crochet brûlant lui 
transperce le cœur. Ses mains, emmêlées dans les fils d’argent, se ferment subitement, la douleur est 
telle qu’Ophélie lève les bras au ciel, déchirant ainsi le manteau de glace de son paysage onirique. 
Entre les lambeaux du sol, elle entrevoit les rougeoyantes entrailles du Monde, fumantes et hystériques. 
Brillant comme un croissant de lune d’hiver, le crochet sort de sa poitrine, 
son cœur palpitant y est suspendu, plus mouvant encore que les laves sous ses pieds. Un grondement sourd et 
souterrain, partant du lointain, se rapproche rapidement, faisant éclater ce qui reste de glace dans 
son sillage. Mais Ophélie regarde avec tendresse son cœur qui bat encore, extrait de son thorax, à la 
mesure de l’ouragan sub-glaciaire qui approche : plus vite, plus fort… Il lui semble même qu’il 
grandit et tandis qu’elle se tient là, suspendue à un croissant de lune, elle ressent, plus qu’elle
n’a jamais ressenti en rêve ou éveillée.
 
Elle ressent la morsure du froid, la gifle du vent, elle ressent tressaillir des percussions croissantes, en 
prélude à une symphonie née du chaotique néant environnant. Le silence n’est plus silence, 
mais tumulte, le désert n’est plus désert, mais une jungle d’écorchures incandescentes.
 
Le grondement s’approche, faisant enfler le beau coeur empalé de la frêle Ophélie.
Dans un bruissement, tout s’éteint : la symphonie s’arrête. Le vent retombe, coulant en pluie de 
plomb sur la lave en fusion et pendant une fraction de seconde, plus rien n’existe, rien d’autre 
qu’Ophélie, qui ne sait plus si elle dort ou si elle meurt, suspendue au vide, attentive à tout ou rien, 
attentive à cette musique qui peut ou non reprendre.

La glace éclate, ouvrant la voie à des trombes d’eau jaillies des profondeurs de la Terre.



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Sur la crête écumante de ce geyser plus violent qu’une tempête, trône une femme, une beauté vêtue 
des voiles bleus de ruisseaux de montagne, écoulés des glaciers somnolents, elle est coiffée des 
larmes versées pour l’amour d’elle. Claire, comme un cristal, grave comme un tombeau. 
La vision s’approche d’Ophélie et ses mains s’ouvrent, blanches comme le gel du matin sur l’arête 
des hautes herbes. Des dards semblent en remplacer les pores. 
Ophélie a peur. 
Du haut de son effroi, elle regarde la créature incrustée devant elle dans l’air noir des cieux, toute 
sertie de gouttelettes de glace. Elle a le sourire rond et froid et la volupté d’une sculpture de marbre, 
sa poitrine pourrait être faite de deux crânes d’enfants, longuement polis par les langues méticuleuses 
d’une meute de loups. Et ses épaules, deux opales certainement maudites.
 

Le reste semble modelé dans une masse de chaux vive.
Ophélie frémit en voyant que les deux mains 
de l’apparition s’étirent avec avidité vers son cœur exposé. Elle s’attend à ce que mille lames le 
transpercent, à ce que mille dents la déchirent et c’est en se préparant aux froideurs de la mort 
qu’elle lève enfin les yeux vers la Dame du Geyser.
 
Quelle stupeur !
Un regard cousu de velours épais entre dans le sien, le posant près d’un âtre au creux duquel ondoie 
une flamme exhalant des effluves d’encens. Autour de son cœur, chaudes et cotonneuses, des mains 
délicates et expertes qui viennent retirer le pal lunaire de la cage thoracique d’Ophélie et y replacent 
la petite boule de chair carmine, étrangement apaisée.
 
L’apparition enveloppe tendrement Ophélie dans ses membres charnus et l’étend sur ce trône d’eau 
qu’est le geyser. Disparus, les crânes d’enfants, envolés les dards, évaporée la chaux : le marbre de 
sa peau est si chaud au toucher ; le sourire, toujours aussi rond, est devenu bourgeon de rose 
moussue. Les épaules et les seins de la divine apparition portent désormais, comme un bijou, un 
parfum, une caresse, l’âme sereine de la tendre Ophélie, qui s’y accroche comme au souvenir d’un 
jardin d’Eden que l’on n’a connu qu’en rêve. Et son cœur, son petit cœur palpitant, qui garde encore 
la cicatrice d’un pieu fait de lune, est tout recouvert des doigts ronds et délicats de sa Belle sauveuse.
 
Et c’est à ce moment que les larmes d’Ophélie, avant d’être rendues amères par la conscience de 
l’éveil, vont amoureusement coiffer la Belle Dame du Geyser.
Maintenant encore, aux premiers éclats de l’Aube, on aperçoit suspendus aux cils d’Ophélie et 
coulant le long de ses joues endormies, les mèches scintillantes de son amour, 
versées en une longue chevelure.




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Vendredi 14 décembre 2007

300px-Pulteney-Bridge--Bath-2.jpg



Je me souviens maintenant, pourquoi mon coeur a fléchi.

Il semble que pour un instant le monde a cessé de tourner, car ma course s'est arrêtée et que sans 
moi pour le mouvoir, l'univers entier n'est plus que fixité, paix et repos. Assise au bord de la plus 
haute falaise, un talon sur le roc et l'autre sur le vide, cela me revient. Enfin.

Lorsque je recommencerai à marcher, je remettrai en route les rouages du cosmos, au premier de 
mes pas, et ce sol que je croyais jusqu'alors immobile et serein, plus robuste que tout, défilera sous 
ce qui aura longtemps été la vaine tentative de fuite de mes membres agités et inquiets de leur 
destination. Mais je ne fuirai plus, je n'ai plus de raison de fuir. Quelle que soit la destination que je 
choisirai, elle sera la bonne, elle sera la seule, car j'y résiderai. Ma destination se confondra avec 
mon origine et jaillira par la piqûre de l'instant. Que je marche, dorme, meure, je serai toujours au même endroit. 

Mais en ce moment, je réfléchis et je réalise, tout doucement, l'évidence.

Je me souviens maintenant pourquoi mon coeur a fléchi, parce que je me souviens de la toute 
première fois où je me suis sentie chez moi, où rien ni personne n'aurait pu me convaincre, par la 
voie de l'or ou par celle du fouet, que j'aurais dû être à une place autre que celle que j'occupais. Je 
m'en souviens comme si c'était hier, car d'une certaine façon c'était hier aussi.

Cela s'est installé sans poésie, comme je m'étais installée, une nuit, dans un bus. L'Angleterre défilait 
mieux dans ma tête que par les fenêtres embuées et glaciales contre lesquelles je posai un front 
légèrement grisé, tiédi.

Mais la poésie doit vivre en moi, malgré moi, parce qu'il m'a suffi de planter deux écouteurs sur mes 
oreilles pour donner à mon âme matière à se tordre -de plaisir, de surprise?  non, plutôt de 
soulagement, de bien-être.

"THIS, is Home". 

Je l'ai pensé en Anglais, car je ne parlais et ne pensais qu'en Anglais à ce moment là.

J'ai cru que l'Angleterre où je me trouvais, que la nuit qui me berçait, que cette faible griserie qui 
m'agitait, que cette mélodie arrosée de luth qui me charmait, que cette musique qui m'envoûtait, que 
ces mots si justes qui me parlaient, que cette époque qui les réunissait tous les trois, j'ai cru que 
toutes ces choses constituaient ce 'chez moi', mais j'ai eu tort.

Les rues poussiéreuses de Bombay au soleil de midi, baignées de musique électronique néo-futuriste,
 m'auraient fait le même effet, si j'y avais rencontré cette voix là, cette âme là.

Il m'a fallu plus de deux ans pour réaliser, à force d'entendre ces mêmes vibrations, cette même voix 
si souvent, à quel point cette torsion avait généré (ou décelé?) le Vrai. Il m'a fallu plus de deux ans 
pour extraire cette vérité en faisant patiemment le tri parmi des ressentis confus et trop grands pour 
être saisis au premier jet d'attention.

 

Où que mes pas puissent me porter maintenant, tant que mon coeur gardera l'empreinte de cette 
voix, je saurai que j'ai un endroit que je peux appeler 'chez moi'.

Même si ce 'chez moi' me tient en exil, même si ça doit ne pas changer, mon coeur a fléchi et s'est 
incliné, avec naturel et joie sereine, devant l'évidence:

 SHE is my Home.



  Image: Pulteney Bridge, Bath


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Samedi 24 novembre 2007

‘Du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez pas et vous n'y toucherez pas afin de ne pas mourir.’ Le serpent dit à la femme : ‘non, vous ne mourrez pas, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance du bonheur et du malheur’ La femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance’

…et nous connaissons tous la suite.

Arbre-de-Valentys.jpg

Tentée par son mystérieux pouvoir et sous les conseils du Serpent, Eve mordit dans la pomme, fruit de l’arbre de la Connaissance et ses yeux s’ouvrirent sur le monde et sur ses mécanismes complexes. Dans le troisième chapitre de la Genèse, c’est pour avoir cédé à une tentation appelée ‘curiosité’ qu’Adam et Eve se firent chasser des verdoyants et fertiles jardins d’Eden. C’est pour avoir voulu connaître davantage qu’Eve fut condamnée à la souffrance de la conception et c’est pour avoir partagé la curiosité de sa moitié qu’Adam dût apprendre à cultiver ce qui lui servirait à nourrir sa famille. Ce jour là, le sang et la sueur devinrent le lot de l’Humanité.

 

 

De toute éternité, le pouvoir de semer le chaos a été attribué aux femmes et si l’on en croit diverses mythologies et nombre d’expériences personnelles, elles ne s’en sont jamais privées.

 

 

Parce qu’il est bon de se remémorer les merveilleuses histoires qui ont créé notre culture autant que celles qui ont lancé en tout premier lieu l’assertion que les femmes étaient génératrices de pagailles cosmiques, je vous parlerai aujourd’hui d’une d’entre elles, à peine moins célèbre que notre chère Eve.

 

Pour cela, replongeons-nous dans les heures où le Monde tel que nous l’imaginons était entre les mains toutes-puissantes et un tantinet vengeresses du grand Zeus.

Le Titan Prométhée eût un jour l’idée farfelue de donner aux Hommes la science du feu après l’avoir subtilisée aux dieux.

Nous l’avons déjà vu il y a quelques temps avec l’histoire de Tantale qu’un Zeus froissé avait plongé dans les eaux du Tartare pour l’éternité : il ne faut surtout pas jouer avec les humeurs du maître de l’Olympe. En guise de châtiment, Prométhée fut enchaîné sur le mont Caucase et condamné à se faire picorer quotidiennement le foie par un aigle. Mais Zeus l’Imaginatif n’en avait pas fini et comptait bien punir aussi ceux qui profitaient désormais des bienfaits de belles flambées réservées jusqu’alors aux Immortels : les Hommes.

 

Zeus appela Héphaïstos, Athéna, Aphrodite, Apollon et Mercure et leur tendit les plans de sa vengeance. Obéissants et sans doute enthousiastes à l’idée de jouer un peu avec les Mortels, ces derniers se mirent à l’ouvrage. Des mains du dieu des forges fut conçue une femme à laquelle Athéna donna la vie, Aphrodite la beauté, Apollon la maîtrise de la musique et enfin Mercure, l’éloquence et la malice.

Pendant ce temps-là, Zeus prit soin de retrouver et emballer une boîte contenant tous les maux que Prométhée avait eu la bonté d’y enfermer pour les épargner à l’Humanité : la Vieillesse, le Travail, la Maladie, la Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion et enfin, bon dernier, mais non le moindre, celui qui transmettait à chaque Homme la connaissance de ses malheurs à venir et celle de la date de sa mort.

 

Ravi de son plan, Zeus offrit à Epiméthée (frère de Prométhée) un lot de présents qui scellerait l’avenir des Hommes et les plongerait dans le chaos : une boîte maudite très mal fermée et une épouse curieuse du nom de Pandore.

Epiméthée, quelque peu naïf mais séduit par la beauté de la nouvelle venue, accepta sa main et dans son euphorie n’écouta que d’une oreille distraite les mises en garde de Zeus qui lui conseillait de ne jamais ouvrir la fameuse boîte au risque de libérer des connaissances trop grandes pour la race des Hommes. Du haut de son rocher, Prométhée souffla à Pandore le même avertissement, mais que vaut l’écho lointain de la prudence contre la combustion incessante de la curiosité ?

 

Aidée par les atouts qu’Aphrodite et Mercure lui avaient prodigués, la maligne Pandore obtint sans peine de son mari le droit de conserver elle-même la boîte divine. Les jours passèrent et l’objet, fourmillant de ces mystérieuses connaissances interdites, ne cessait de narguer sans pudeur la curiosité de la jeune femme jusqu’au moment où, n’y tenant plus, l’imprudente se résolut à l’ouvrir pour jeter un coup d’œil rapide à son contenu. Arriva ce qui devait arriver, tous les maux de l’Humanité jaillirent de la boîte.

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Tandis que les premiers sortis se propageaient allègrement sur toute la surface du Monde, Pandore réalisa son erreur et referma la boîte juste au moment où le dernier des maux s’apprêtait à en sortir, l’y enfermant à jamais.

 

La jubilation de Zeus ne fut donc pas totale : ainsi, les Hommes connaîtraient les pires fléaux qui les tiendraient définitivement à l’écart des joies divines, mais ils auraient la chance de ne pas exister dans leur douloureuse et paralysante attente, il leur resterait l’Espoir, bénédiction suprême qui leur permettrait d’endurer tous leurs malheurs à venir jusqu’à l’heure où Atropos, celle des Moires que l’on nommait l’Implacable, déciderait de trancher par surprise le fil de leur existence.

 

C’est donc à la curiosité de Pandore que nous devons la rugosité de la vie terrestre, mais c’est également à la vivacité de son esprit que nous devons notre faculté à l’optimisme, tout comme nous devons à Eve la douleur du labeur et la conscience par contraste de la douceur du repos.

 

  IMGmlp009.jpg

Prenez donc garde, Mortelles, de ne pas déchaîner des torrents pour avoir voulu éteindre une flamme, mais gardez à l’esprit ce choix qui est le vôtre : vous pouvez choisir de vous laisser consumer ou de vous laisser submerger, cependant, une fois que la boîte de Pandore a été ouverte, il est bien trop tard pour la refermer...

  

ISobel


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Vendredi 23 novembre 2007



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Soyons les bienvenus dans un joyeux cerveau

Aux circonvolutions mises à rude épreuve
Voyons en vingt-huit vers comment sa tenancière
Eprise et muselée peut en devenir veuve.

 

Aux tréfonds de l'esprit qu'il nous faut bâillonner
Loge une tache opaque au corps ferrugineux
Sur un pouce, puis deux, ce mercure épanché
Corrode lentement l'orbe spiritueux.

 

Pareille à l'ombre d'une lèvre,
Imprimée sur un menton rond,
Quand le doigt fait pression sur ces mots qu'on doit taire
Elle s'étend

 

Pareille à la paume appliquée
Sur une nuque irrésolue
Quand les doigts froids s'écartent pour mieux la garder
Elle s'étire

 

Pareille à l'algue du désir,
Acceptée comme un familier;
Qui tisse un drap de mousse et le mue en cocon
Elle s'étale...

 

La tache a bien grandi dans la vasque propice
Aux céphalées des coeurs transis.
Etendue, étirée, étalée et nourrie
Peu de joyeux cortex ont vaincu ce supplice!

 

Quant à notre hôte dissolue
Aux raisonnements trépanés
Sous les ombres croissantes des bâillons divers
Elle s'éteint

 

 

ISobel, v.


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