Jeudi 25 septembre 2008
Jamais elle n'a autant souhaité être immortelle afin que,
jamais plus, on ne puisse exiger d'elle qu'elle cesse de soupirer.

Elfe, Spectre, Lady Orlando, peu lui importe.
Quitte à briguer avec orgueil la plus haute des sphères de la divinité.



Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Samedi 20 septembre 2008


Think of me very scientifically
Share your thoughts with me
Send them over land and see

They seep through walls
Echo down abandoned halls
Let me see your joy and fear

How can it be we never see
What we have until it's gone
Why is it so we never know
What we have until it's gone


The more I try, all the faster you'll slip by
So vaporize
Slide to me like liquid ice
I can see into your eyes


Why is it so we never know
What we have until it's gone
Until we burn we never learn
What we have until it's gone

I can see into your eyes
The deepest blue of winter skies





Emiliana Torrini - Telepathy (Love in the Time of Science)
-pour l'écouter, cliquer sur l'image.



...et





I love your eyes, my dear
Their splendid sparkling fire


When suddenly you raise them so
To cast a swift embracing glance

Like lightning flashing in the sky
But there's a charm that is greater still

When my love's eyes are lowered
When all is fired by passion's kiss

And through the downcast lashes
I see the dull flame of desire


Björk/Antony Hegarty - Dull Flame of Desire (Volta)





Assez aériennes comme chansons.

Et froides.

Joliment adaptées en tous cas à cette journée où un vent de tempête se déchaîne dans mon esprit.

Comment se fait-il, oui, que ce que nous avons (bien, instant de valeur ou chance) ne se révèle qu'au moment où nous le perdons?

Si on savait, on se pendrait après le premier moment de bonheur vécu, juste une seconde avant de le voir nous échapper. Avant que la langoureuse flamme de tous les désirs ne nous réduise lentement en cendres.

...toujours tienne.

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Jeudi 18 septembre 2008

Comme vous le dirait n'importe quelle personne ayant déjà travaillé à l'élaboration d'un spectacle, quel qu'il soit, une création ne se révèle pas pendant les répétitions, fussent-elles a priori d'une absolue perfection. Quelques milliers des détails qui composent une œuvre de l’esprit prête à prendre corps ne prennent sens que dans la tension ultime du moment ‘M’. Ainsi, vous pouvez avoir assisté aux huilages de chaque rouage de la mécanique d’une pièce, en avoir vous-même forgé une partie, votre enthousiasme ne trouvera de raison d’être et (surtout) d’avoir été que durant les quelques minutes de sa représentation devant un public.

Je pars de ce constat un tantinet vague, non pas dans le but de palabrer dans l’absolu sur les effets et impressions nés de la création artistique, mais plutôt pour souligner l’importance d’une expérience ponctuelle dans la vision que l’on peut avoir d’une œuvre et plus spécifiquement de l’œuvre dont il va être question, car c’est elle et nulle autre qui aura engendré et modelé cette initiative.

 

Il me faut humblement admettre que ce n’est pas en experte que je vais parler ici de Passages : on ne peut pas trouver plus étrangère que moi aux théories sur le théâtre contemporain, ni d’ailleurs simplement aux théories dans leur globalité. Je n’ai pas non plus la moindre idée de ce qui a fait germer cette idée dans l’esprit de Marie-Carmen de Zaldo et encore moins la prétention d’en avoir seulement saisi les tenants et aboutissants. Pourtant le résultat est là : efficace et émouvant pour moi, comme peuvent l’être toutes les œuvres de l’esprit sur diverses subjectivités, avec peut-être un petit plus, une petite chance supplémentaire de toucher un peu davantage de ces subjectivités.

 

On verra dans Passages :

Angèle Lemort, comédienne, mime et chorégraphe

Eléonore Bovon, comédienne, chanteuse et compositrice

et

Mélanie Brégant, musicienne, et son accordéon.

 

Pour plus de détails sur elles, consulter le site officiel de la Compagnie Les Accordéeuses.

 

     

 

 

Au portes d’un monde entre la vie et la mort, ni tout à fait réel, ni tout à fait fantasque, une masse atemporelle creusée de galeries, deux femmes portent sur scène les témoignages de leurs existences. Chaque individu sur cette Terre fait partie d’une généalogie, mais elles ne se contentent pas de cela : elles incarnent leurs généalogies respectives, ancêtres, descendances et contemporains s’entremêlent dans les deux mêmes corps et forment un tout. Deux comédiennes, deux femmes et pourtant, on voit défiler sur scène tous les âges. Une fillette se promène, l’âge courbe le dos d’une vieille dame, un nourrisson sommeille dans le ventre maternel, des talons de femme mûre claquent le sol.

Autant de passages, d’un âge à l’autre, d’une personnalité à l’autre, qui ne marinent pourtant pas sans fin dans un grave et poisseux creuset à réminiscences : et c’est là toute la virtuosité de l’affaire. Le mime précis et inspiré d’Angèle Lemort, ses regards éloquents, sont équilibrés  par le jeu très présent d’Eléonore Bovon et sa voix riche en images, les lenteurs sont rattrapées par de ponctuelles accélérations quasi hystériques, le réalisme est pimenté par des figures fantastiques, et, évidemment, il faut y venir : les silences sont expliqués et soulignés par la musique.

      

Car Passages, c’est aussi de la musique : c’est même surtout de la musique. Le mime d’Angèle est un conte musical, sa chorégraphie un ballet. Le jeu d’Eléonore siffle comme le vent, parfois en rafales, et son chant se meut comme des vagues. Quant à l’accordéon de Mélanie Brégant, omniprésent, il joue au moins autant de rôles significatifs. Il est tour à tour le conteur qui s’amuse, la réplique compatissante, l’horloge oppressante, le soliste rageur et enflammé, mais plus que cela encore, il est respiration.


      

Passages est une pièce qui respire, une pièce fluide, tempérée et confortable comme peut l’être un album photos dont on tourne les pages immenses avec tendresse, nostalgie ou joie selon les souvenirs qui s’y logent.

 

Je le disais au début : un spectacle ne se révèle qu’au moment de sa représentation. J’ai assisté aux préparatifs de Passages et observé la façon dont les pierres de l’édifice sont montées une à une : un texte beau et fort, des personnalités vives et enthousiastes dotées de véritable talent, une mise en scène pointilleuse, des partitions incarnées à faire étinceler les yeux des chérubins et ce n’est pourtant qu’au soir de la première que j’en ai apprécié l’harmonie d’ensemble. Ce n’est pas la première fois que je me prends d’affection pour un projet auquel je participe, mais je crois en revanche que c’est la première fois que j’en sors aussi séduite. Il est évident que la découverte de cet aspect des possibilités offertes par un accordéon n’y est pas pour rien. Jusqu’à présent, j’en avais une image assez franchement mauvaise, il faut bien le reconnaître. Totalement ignorante en la matière et ne saisissant ni sa beauté ni les belles perspectives qu’il propose, je ne l’aurais pas même inclus spontanément dans la liste des ‘vrais’ instruments. J’en ressens une grande honte !

      

Je ne peux que souhaiter que cette expérience soit partagée par le plus grand monde possible. Les parisiens pourront assister à la pièce les 7, 13 et 14 Novembre prochains à l’Espace Beaujon, dans le 8è arrondissement.

 

 

Musiques de:
S. Gubaïdulina, T. Hosokawa, F. Angelis, F. Schubert, D. Scarlatti

Textes de:
Marie-Carmen de Zaldo
avec des pièces de F. Bocquentin et N. Hikmet mis en musique par Eléonore Bovon

 


Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à me contacter par mail!


Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Lundi 8 septembre 2008



La constance est un fléau.

Ne veux-tu pas, ce matin, oublier la personne que tu as été?
Oublier les fantômes que tu as engendrés en t'étant seulement fidèle?
Oublier les aurores givrées où tu crois que tu ne connaîtrais jamais la suivante?
Oublier l'ombre qui ternit le sourire aimant que tu veux recevoir d'une autre?
Oublier l'ombre qui ternit le sourire aimant que tu veux donner à une autre?

Ne veux-tu pas, ce matin, oublier cet absurde standard qui te cloue au sommet?
Oublier la hauteur qu'elle a pu atteindre à travers toi?
Oublier le son de sa voix et l'orbe de son visage?
Surtout le son de sa voix.
Oublier l'ombre laissée par l'absence de sa lumière?
Oublier le vide?
Oublier le vide répété?
Oublier le vide menaçant?
Oublier le vide qui pend au-dessus de toi comme pend une épée au-dessus du crâne de Damoclès?
Oublier le vide.

Ne veux-tu pas, ce matin, quitter la mémoire de ton corps?
Le laisser comme une mue au bord de la fenêtre?
En investir un autre, vierge, encore tissé des vents purs de la Genèse?

Ne veux-tu pas, ce matin, avoir oublié une année?
Avoir oublié deux années?
En avoir oublié plus?
Te réveiller quinze ans plus tôt, juste à temps?
Mille ans plus tard, sans te souvenir que tu n'étais pas là à temps?


Ta mémoire n'oublie pas
Ton coeur n'oublie pas
Ton corps n'oublie pas
Et même:
Ta mémoire se souvient aux moments les plus inopportuns
Ton coeur se réveille aux moments les plus inopportuns
Ton corps se réanime aux moments les plus inopportuns

Tu as l'aplomb d'un arbre: le Monde bourgeonne entre tes branches robustes, ta sève est en ébullition sous ton épaisse écorce, tes racines sont puissantes...
mais s'enfoncent dans les sables mouvants du temps.


Ne veux-tu pas, ce matin, oublier que tu ne peux pas l'oublier?
Ne veux-tu pas, ce matin, oublier que tu ne veux pas l'oublier?
Ne veux-tu pas renaître?


La constance est un fléau...




Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Mercredi 27 août 2008
Suis-je éveillée?

     Qui me dit que ces touches que mes doigts survolent ont une meilleure empreinte dans le Réel que les murs qu'en rêve je crois caresser, que les montagnes que je crois survoler, que les lèvres que je crois embrasser? L'insomnie, les rêveries chargées, donnent l'impression d'une longue vie ininterrompue à peine ponctuée de périodes d'éveil et de plongée. Plongées laborieuses, éveils fastidieux, mais entre temps, quoi?

     Aucune conviction de longévité, aucune imminence de disparition, aucune appréhension ferme de l'avenir, aucun désir de mémoire, aucune urgence si ce n'est celle de chasser à la fois ambitions et souvenirs pour lâchement "tenir".
  Chaque matin, s'il en est, une frayeur de la médiocrité.
  Chaque soir, s'il en demeure, la terreur de la répétition de cette médiocrité.
  Chaque jour, s'il en est de discontinus, plus d'habileté et de conviction dans le port automatique et chronométré des masques.
     Et à chaque seconde que le processus de fuite oublie d'entraîner dans ses mécanismes, le martèlement soutenu des sensations porteuses de vie, douloureuses parce que systématiquement avortées par une logique qui nous échappe, comme une profonde inspiration peut l'être dès qu'elle est prise dans un sac minuscule et parfaitement hermétique.


     Les miroirs de passage, les opinions d'autrui, les témoignages parsemés de sa propre existence, deviennent des écrans dans lesquels on contemple, frustré et impuissant, le film contant la pâle existence d'une héroïne que l'on voudrait pouvoir arracher à ses cadres, jeter du haut d'un pont accrochée à un élastique, envoyer au galop à travers les steppes, précipiter dans les bras de la personne qu'elle aime aussi fort que faire se peut, à qui l'on rêve en somme de pouvoir insuffler un petit supplément, non pas d'âme (elle en a tant!), mais d'âme pragmatique, d'âme palpable, d'âme exploitable.

     Il ne s'agit pas d'étendre son archée déjà immense, mais de supprimer le mur de briques qui l'interrompt à son tout début.
   Il ne s'agit pas de lui donner le pouvoir de voler, elle l'a déjà, mais de supprimer la loi de la gravité qui la cloue au sol.
  
Il ne s'agit pas de lui donner du rêve, elle en a à revendre, mais de supprimer l'immatériel et néanmoins impénétrable hymen qui le sépare de la réalité...

          ...et surtout, surtout, ne pas lui donner l'illusion du confort dans ces ghettos étriqués: l'héroïne ne saura pas s'en contenter longtemps. Elle n'est pas faite d'illusions, elle n'est pas aisément dupée par les ersatz, elle voudra vite quitter l'inconnu de l'origine et rentrer chez elle, à la maison, dans cette maison que l'on peut n'avoir connue qu'une seconde et quitter un jour, un an, un siècle et toujours cependant l'appeler 'maison', dans cette maison aux matériaux improbables (cheveux, vibrations, effluves, visions, soubresauts), dans cette maison située à l'autre extrémité de l'archée...



ndla.
/ Je me relis. J'hésite entre conserver et effacer ce que je vois.
Ce n'est pas moi ça, tu le sais forcément: tu l'as vu.
Moi, la 'moi' complète, est drôle autant que sérieuse, curieuse, créative, minutieuse autant que maladroite, élégante autant que sauvage, bavarde autant qu'autiste, elle est plutot cinq qu'une seule et pourtant, dieu sait si je n'aime pas me lancer des fleurs... mais celle que je suis n'est vraiment pas si mal que ça.
Et là, tout ce que je vois, depuis des mois et de façon quasi constante c'est un demi quelqu'un de mort autant que de vivant.
Un de ces deux processus devra bien aboutir un jour.
Il me suffirait, de ta main ou de ta bouche, d'un 'S., c'est toi que je veux', simple et court...
Je conserve ce que j'ai écrit, parce qu'une part de moi, la part qui contient mon instinct de survie, espère que tu le liras et y réagiras. /



Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Contact

     N'hésitez pas...
 
    elfe_isobel@hotmail.com

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus